Arraché à son destin d’écrivain brillant par la guerre, Louis Pergaud est mort au combat pour sa patrie. Pacifiste notoire, il combat pourtant avec bravoure dans les Hauts de Meuse où son corps repose toujours. A défaut d’une tombe, c’est à travers ses œuvres que son souvenir scintille.

Le jeune Louis grandit dans les paisibles villages de la campagne franc-comtoise, faisant les quatre cents coups avec sa bande de copains. Son attachement indéfectible pour la ruralité trouve ici ses racines. Une passion campagnarde qui imprègne ses écrits. La célèbre Guerre des Boutons (1912) relate les péripéties de son enfance et sent bon la France champêtre.

Comme fil rouge, il brosse un tableau des personnages ruraux d’antan. Sous sa plume, vivent les paysans, les chasseurs et autres épiciers. Sans les épargner aucunement en attaquant leur caractère bourru et leur tendance à l’ivresse, Pergaud exacerbe aussi leurs vertus comme la franchise et l’altruisme. Il réunit toutes ces nouvelles paysannes dans un recueil baptisé Les Rustiques (1914), publié de façon posthume en 1921.

Grâce à un humour acéré et un style naturaliste inimitable, Louis Pergaud fait vibrer le cœur des campagnes. Il nous plonge dans l’authenticité d’un monde pétri de valeurs rares. Son œuvre met en exergue ce que la ruralité a de meilleur, tout en assumant avec une ironie habile ses moins bons atours. Louis Pergaud ne se contente pas de transcrire la campagne. Il la vit, l’incarne, la glorifie, il nous invite à déguster des bonheurs simples.

Jean-Philippe S.