
À l’issue du XIXe Sommet de la Francophonie à Villers-Cotterêts en 2024, le Roi du Cambodge, Norodom Sihamoni, a annoncé avec honneur et fierté que son pays accueillera le XXe Sommet de la Francophonie en 2026. Le Cambodge, connu pour son patrimoine exceptionnel, parmi lesquels les temples d’Angkor Wat, se prépare à recevoir cet événement d’envergure mondiale, qui réunira plus de 80 chefs d’État et de gouvernement.
« Le Cambodge souhaite réitérer son adhésion aux valeurs de la Francophonie afin de partager avec les autres nations francophones les singularités de la Francophonie en Asie- Pacifique », a déclaré le Roi Sihamoni.
Ce sommet mettra en lumière les liens historiques, culturels et diplomatiques qui unissent le Cambodge et la communauté francophone internationale. Il offrira également une opportunité précieuse pour ce pays d’Asie du Sud-Est de renforcer son rôle dans l’espace francophone tout en valorisant son patrimoine et son développement.
Une culture rapprochée et commune
Le Cambodge entretient des liens étroits avec la langue et la culture françaises, hérités de son inclusion dans l’ancienne Indochine française au XXe siècle. Ces relations se sont poursuivies après l’indépendance du pays en 1953, en particulier grâce à la Francophonie, qui favorise la solidarité et le dialogue entre les civilisations.
Aujourd’hui, environ 463 000 Cambodgiens, soit 3 % de la population, parlent français, principalement dans les cercles académiques et élitistes de Phnom Penh.
D’abord membre observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 1991, le Cambodge est devenu membre à part entière en 1993. Le Roi Norodom Sihanouk, figure emblématique de l’histoire cambodgienne, a joué un rôle clé dans la fondation de l’OIF, aux côtés de figures comme Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Habib Bourguiba (Tunisie).
« Le français est un butin que nous avons hérité. Nous sommes liés par un patrimoine commun : cette langue qui nous permet d’échanger et de nous enrichir de nos expériences diverses. Mon pays réaffirme son ferme attachement à la Francophonie », a rappelé le Roi Sihamoni.
Le français, considéré comme une langue d’élite au Cambodge, trouve un écho dans des institutions clés comme le Lycée René Descartes de Phnom Penh, qui comptait 1 300 élèves en 2024, dont plus de 80 % sont Cambodgiens ou binationaux. L’Institut Français du Cambodge, pour sa part, accueille chaque année plus de 4 000 étudiants dans son centre linguistique.
Le pays a aussi développé des filières universitaires francophones, en grande partie grâce à des partenariats avec des institutions françaises comme l’Université Lumière Lyon-2 et l’Université Paris Panthéon-Assas, qui proposent des diplômes en droit au sein d’universités cambodgiennes.
Les enjeux du sommet de 2026
Ce sommet, qui se tiendra 29 ans après celui organisé au Vietnam en 1997, vise à renforcer la présence et la visibilité de la Francophonie dans la région Asie-Pacifique. Le Cambodge souhaite mettre en avant la diversité de son patrimoine tout en réaffirmant son engagement en faveur du multilinguisme et de la coopération internationale.
Parmi les priorités du sommet figurent en premier lieu la promotion de la langue française, qui demeure un outil de dialogue et de développement durable. Il sera également question de valoriser la jeunesse francophone à travers des initiatives éducatives et culturelles.
La préservation du patrimoine mondial occupera une place déterminante illustrée par le Cambodge dans son rôle de co-président du Comité international pour la sauvegarde des temples d’Angkor. Ce comité a mobilisé plus de 550 millions d’euros pour 100 projets depuis 1993.
In fine, l’enjeu des partenariats stratégiques s’est renforcé par la mission commerciale de 2022, qui vise à renforcer les échanges avec les partenaires francophones, notamment en Afrique.
Un soutien international et des partenariats renforcés
La candidature du Cambodge a reçu un soutien international notable, notamment du président français Emmanuel Macron et de plusieurs autres États membres de l’OIF. Ce soutien reflète à la fois l’importance du Cambodge dans le réseau francophone mondial et les liens historiques privilégiés entre la France et ce pays asiatique.
Ces relations se traduisent par des initiatives bilatérales dans des domaines variés, tels que l’éducation, la recherche scientifique et la culture. La France joue un rôle clé dans la préservation du patrimoine cambodgien, notamment sur le site d’Angkor, où elle a investi 23 millions d’euros depuis 1993 en partenariat avec d’autres acteurs internationaux.
Les dirigeants français et cambodgiens ont convenu de poursuivre ces efforts, en mettant en valeur le patrimoine d’Angkor dans le cadre de futures expositions, notamment au Musée Guimet en 2025. Par ailleurs, la France est impliquée dans la rénovation et l’extension du Musée national de Phnom Penh.
La Francophonie, un levier de développement pour le Cambodge
Le Sommet de 2026 constitue une opportunité stratégique pour le Cambodge d’accroître son rayonnement international et de renforcer sa diplomatie culturelle. À travers cette occasion, le pays espère attirer davantage d’investissements dans des secteurs clés comme le tourisme, l’éducation et les infrastructures.
La Francophonie offre également un cadre propice pour aborder les enjeux globaux tels que l’égalité des genres, le développement durable et l’innovation. En raison de sa position géographique stratégique, le Cambodge peut promouvoir les échanges économiques entre les pays francophones d’Asie et d’autres régions du monde. En accueillant le XXe Sommet de la Francophonie, le Cambodge aspire à devenir une plaque tournante de la Francophonie en Asie.
En valorisant son patrimoine culturel, son engagement linguistique et son potentiel économique, le Cambodge souhaite renforcer les liens entre les membres de l’OIF et promouvoir des valeurs communes telles que la diversité linguistique, la solidarité et la coopération internationale.
Le Sommet de 2026 promet d’être un moment clé dans l’histoire contemporaine du Cambodge et de la Francophonie, célébrant un héritage commun tout en construisant une vision partagée pour l’avenir.
Élodie H.
